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3 octobre 2006 2 03 /10 /octobre /2006 12:26

C'était en mars 2006. Quand  "l'intervieweur" s'interviewait" :

Septième feuille de Cachan

"Extraits d'entretiens"

     

  • Mars 2006 -
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Mars 2006. Ce mois est consacré à une "interview de l'intervieweur". Extraits d'entretiens avec des étudiants pour répondre à des questions récurrentes sur la poursuite d'études. Des réponses pour ne plus y répondre. Des réponses pour entrouvrir des portes. NV

Peut-on continuer ses études après une licence professionnelle ? après une année d'étude en Angleterre ?

Les licences professionnelles apportent une spécialisation technique et n'ont pas vocation à préparer à une poursuite d'études dite "longue". Cela étant, il est toujours possible d'intégrer ensuite, par exemple, une école d'ingénieur par apprentissage. Ou passer le concours BTS/DUT. En général, on intègre en première année. Par ce biais là, on perd donc une année. Mais attention cette passerelle, possible, n'a rien d'automatique. La réponse, après une année d'étude en Angleterre, ou plus généralement à l'étranger, qu'il s'agisse de l'Outre Manche ou l'Outre Atlantique (Québec) serait similaire. Une année "ailleurs", si on joue le jeu, apporte forcément quelque chose (pratique effective d'une langue, découverte d'un nouveau système d'enseignement, etc) qui ne peut que renforcer un CV ou permettre d'accéder à une école. Cela ne ferme aucune porte. Cela ne les ouvre pas non plus.

 

Quelle différence y-a-t-il entre une formation par apprentissage et une formation classique ?

Dans une formation classique, il y a un seul acteur principal dans la formation de l'individu : l'établissement. Dans une formation par alternance, deux acteurs entrent dans la formation : l'établissement et l'entreprise d'accueil. Les (bonnes) écoles d'ingénieurs classiques visent des étudiants "académiques" (pas sélectifs, "bons" en théorie, etc). Ce modèle est essentiellement issue des écoles d'ingénieurs au sens du XIX ème siècle : l'ingénieur (presque toujours polytechnicien) est la figure centrale de la Révolution Industrielle. Les écoles par alternance, de création récente en France, regardent moins le profil "académique". Ce modèle est davantage inspiré par ce qui se passe Outre Rhin. En revanche, elles recherchent des étudiants ayant une certaine forme de maturité (capacité à travailler en équipe, sens pratique, etc) pas toujours "mesurée" par les notes. Il est donc primordial de se questionner, grâce à la variété des approches qu'on trouve en IUT (travail "classique", travail par projets, etc) si on n'est plus à même de s'épanouir dans une structure de formation par apprentissage ou une structure plus classique. Les profils de recrutement ne sont pas les mêmes, les finalités de sortie non plus. Sur le terrain, bien entendu, en général, un ingénieur issu d'une (bonne) formation classique peut espérer parvenir beaucoup plus rapidement chef de projet. L'ingénieur par alternance occupera davantage des fonctions "de terrain", en encadrant de (petits) groupe de techniciens. Mais là encore, il y a le discours général et les cas particuliers. Il est des paramètres qui ne s'apprennent pas à l'école, fut-elle, très prisée : la capacité à créer des dynamiques au sein d'un groupe par exemple.

Y a-t-il des échecs en écoles d'ingénieurs après l'IUT ?

Avant de répondre, je distinguerais les étudiants appuyés par l'équipe pédagogique de l'IUT lors du jury de poursuite d'études et ceux entrant dans les écoles par le biais d'un concours ou d'un dossier (malgré nos réserves!). Pour les premiers, de mémoire, je serais incapable de citer plusieurs noms dans la liste des échecs. Lorsque nous appuyons un étudiant, nous le faisons pour lui (donc ne cherchons pas à l'envoyer "au casse-pipe") essentiellement mais aussi afin de préserver les (bonnes) relations nous unissant aux établissements d'accueil. En effet, ternir ses relations (en envoyant des étudiants qui ne correspondent pas aux profils recherchés) pénaliserait les futurs étudiants. En cherchant un peu, je n'ai souvenir que d'une personne qui, brusquement, sur un coup de tête s'est arrêtée en première année d'école d'ingénieurs. Je ne sais pas ce qu'elle est devenue mais je me souviens des nombreux coups de fil nécessaire pour rétablir la subtile relation nous unissant à la grosse ENSI, en question. Parmi les étudiants de l'an dernier, un également me cause des soucis. Il avait la réputation d'être sélectif dans le bon sens (20 au DS de maths de poursuite d'études par exemple) et dans le mauvais sens (en Anglais et en culture et communication essentiellement)! Nous avons pris le pari de l'appuyer (sur la même ENSI que précédemment). Il n'a malheureusement, semble-t-il, pas changé. Il risque l'exclusion, à moins d'un sursaut. Il en est capable. J'espère pour lui (surtout), pour nous et pour vous! Affaire à suivre. Pour résumer statistiquement, sur un échantillon d'environ 400 anciens étudiants ayant poursuivi en écoles d'ingénieurs, voici les seuls échecs que je retiendrais. Sans prétendre pouvoir être exhaustif sur les trajectoires de tous. Les autres ont évidemment plus ou moins souffert (certains, très rarement, ont redoublé) mais tous s'en sont sortis. A l'école et dans la vie dite active. Pour les autres étudiants, évidemment, là le bât peut blesser. Certaines écoles (peu scrupuleuses) prennent (trop) facilement. Même en cas de réussite, les premiers pas dans la vie professionnelle, ne sont pas ceux qu'on attendait après une école d'ingénieurs. Le tout n'est pas d'entrer dans une école mais d'en sortir, en construisant son projet, son parcours, en se posant les bonnes questions au bon moment, en écoutant les conseils avisés qu'on peut glaner ici ou là. Quand on la volonté, on trouve le chemin avait coutume de dire un ancien président.

 

A quoi sert le DS de maths de poursuite d'études ?

D'abord, il "mesure" si vous savez intégrer différents objets (fonctions de plusieurs variables et formes différentielles) indispensables dans les cours de physique mathématique en écoles d'ingénieurs pour mesurer des volumes, des surfaces, des notions issues de la physique mathématique (mécanique, thermodynamique, etc). Ensuite, il "mesure" une certaine combativité de l'étudiant : ce DS succède à une séquence d'enseignement sans TDs; le réussir montre un indéniable degré de motivation. Le rater n'est pas bon signe!

 

Comment sans nous connaître effectivement pouvez-vous émettre un jugement nous concernant ?

Lorsque je remplis un avis confidentiel ma signature n'est que l'émanation d'une décision collective, celle de l'équipe pédagogique composée d'enseignants qui vous connaissent un peu, beaucoup, passionnément, etc. L'avis certes subjectif s'appuie sur une base indiscutablement objective.

Comment savoir si vous expédiez tel ou tel dossier ?

A partir de cette année, j'assure un suivi des dossiers par le biais de mon blog . Je ne peux pas individuellement prévenir un étudiant chaque fois que j'effectue une démarche le concernant pour des raisons bassement exponentielles : je gère au bas mot environ quatre ou cinq cents dossiers par an et sûrement pas loin d'un millier d'emails pour les poursuites d'étude. D'autre part, toute entreprise humaine doit être fondée des rapports de confiance.

Ours

Responsables de la publication : Georges Michaïlesco & Gilles Raynaud

Rédacteur, "interviewé" & " Intervieweur ": Norbert Verdier (norbert.verdier@iut-cachan.u-psud.fr)

Comité de rédaction : Sally Gérome, Pascale Vareille, Norbert Verdier.

Bien à vous. NV. [3 octobre 2006]. 

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Published by Norbert Verdier - dans La Feuille de Cachan
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